"C'est très difficile de "s'expliquer" - une interview, un dialogue, un entretien. La plupart du temps, quand on me pose une question, même qui me touche, je m'aperçois que je n'ai strictement rien à dire.
Les questions se fabriquent comme autre chose." Gilles Deleuze - Claire Parnet, Dialogues, 1996.
jeudi, septembre 25, 2003
Le langage objective la pensée, le langage est fasciste, le langage est mathématique, le langage dit, il nous parle, il dévoile. Tout se tient en quelques équations, tout est là posé sur la table. A quoi bon jouer ?
A quoi bon s'en aller par les codes, s'essayer à fuir. Pourquoi revendiquer le langage comme une fonction d'expression de la pensée et de communication entre les hommes, à quoi bon parler quand on peut s'évanouir.
Words, words, words...
mercredi, septembre 24, 2003
Hum ...
Se perdre à vau l'eau devient sport national. S'en aller le long des murs tristes et chauds de l'automne, on en rêverait et ça vient devant l'enfant en pleurs désoeuvré et stoïque. Ca pourrait être des mots gratuits sans fins. Laissons planer le doute.
On regrette alors un peu ses trahisons, ces gens connus et oubliés, le monde qui file à nos pieds dans la rue, les bribes de souvenirs qui nous serrent au coeur.
Oui, moi aussi, je voudrais rencontrer
l'art de vivre et d'être bien...
lundi, septembre 22, 2003
Schwanengesang
Ca pourrait se finir là d'un coup, on ne sait pas comment ça continuera, y aura-t-il une suite ? On me propose d'écrire encore... Pourquoi pas ? J'écoute ce disque de Hans Hotter, les
Lieder de Schubert, rien que parce que la photo noir et blanc, le front si marqué, les yeux fins, le noeud de chemise qui répond à la bouche sibylline, me font penser aux images rêvées de mon grand-père mort.
C'est pourtant déjà comme si tout s'arrêtait dans un grand chaos des sens.
mardi, septembre 09, 2003
Le livre de ma mère
Oui, là dans ce café rouge un peu surrané en finissant une crêpe, ça aurait pu être ça. Elle est encore un peu jolie, sévère, austère en somme, mais rosée par la campagne. Oui, je sais, ce sont des vétements qu'on ne porte plus, trop ciblée socialement. Quand le catholicisme wallon embourgeoisé rejoint ... Elle apporte une brioche comme sa propre grand tante, l'avait fait pour elle, un sourire en façade. On n'a rien à dire, entre les mots on est presqu'heureux, dans les blancs. Elle s'assoie, vite fatiguée par le voyage impromptu, improvisé pour le fils chéri peut-être, pour s'assurer que tout va bien, se montrer utile encore. Elle fait mine de se soucier de moi, s'exclame sur mon travail. Et ,quand tout s'étire, me raconte ses histoires d'un pays dont je ne me souviens plus.
Elle me sourit toujours, oui, les mots ne consolent pas de ça ...
vendredi, septembre 05, 2003
Un jour peut-être
Ni assez de temps, ni d'envie peut-être pour reprendre ce blog plus assiduement. Pour écrire à nouveau, ces mots qui au fil du temps perdaient leur sens. Il faudrait que le language serve à communiquer, vraiment ? J'écris trop, mais pour moi, ça ne regarde que moi, mes rêveries liliputiennes, ces demi-sommeils où je m'enroule.
Oui, peut-être un jour un nouveau blog et des photos, ce mémoire à finir et je me lance ?
A Peille ce soir je m'en vais tourner la page/ d'un livre qui se mange ...